
Bernina Express · de Tirano à Saint-Moritz
La ligne de la Bernina s'élève de Tirano, bordée de palmiers, jusqu'à un col glaciaire à 2 253 mètres, puis redescend vers Saint-Moritz — le plus haut franchissement ferroviaire des Alpes, et l'un des plus pentus à circuler en simple adhérence roue-rail, sans crémaillère. C'est un chemin de fer classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, et depuis Milan, il offre une journée longue et spectaculaire. Voici comment la vivre.
Les Alpes, gravies sans crémaillère
La plupart des chemins de fer qui escaladent les hautes montagnes trompent la gravité avec une crémaillère — un rail denté que le train saisit comme un pignon. La ligne de la Bernina, elle, n’en a pas. Elle franchit les Alpes à 2 253 mètres et maintient des pentes allant jusqu’à sept pour cent sur une simple adhérence roue-rail, ce qui en fait le plus haut franchissement ferroviaire transalpin et l’une des lignes à adhérence naturelle les plus raides du monde. Cette audace d’ingénierie — gravir les Alpes sur la seule adhérence — explique pourquoi la ligne, ouverte en 1910, semble encore audacieuse aujourd’hui, et contribue à son inscription à l’UNESCO.
En 2008, l’UNESCO a inscrit les lignes de l’Albula et de la Bernina du chemin de fer rhétique au patrimoine mondial — une reconnaissance non pas du seul paysage, mais de la hardiesse avec laquelle la voie a été construite dans un paysage impitoyable. Le voyage du Bernina Express franchit, selon le décompte du chemin de fer lui-même, 196 ponts et traverse 55 tunnels, dont la spirale ouverte à 360 degrés du viaduc de Brusio, une boucle de pierre construite en 1908 uniquement pour dompter la pente là où la vallée s’effondrait trop abruptement.
La signature de la ligne, c’est son immense variété. En un seul trajet, elle descend des glaces du col de la Bernina — passant devant les glaciers du Morteratsch et de Palü et le Lago Bianco turquoise alimenté par les glaciers — jusqu’à Tirano, parsemée de palmiers et aux accents méditerranéens, chutant d’environ 2 300 mètres à 550 en quelque 25 kilomètres. Des glaciers aux palmiers, en un après-midi, à travers les fenêtres panoramiques d’un lent train rouge.
The climb
Nearly 1,800 metres of height gained on grip alone — no rack, no cogwheel — then the descent into the Engadine.
Comment se déroule la journée
Un départ matinal de Milan — souvent vers 7 h — puis un car vers le nord à travers les lacs italiens et la vallée de la Valteline jusqu'à Tirano, la ville ferroviaire italienne où le train rouge attend. Un arrêt photo ou café avec vue sur le lac de Côme est courant sur le trajet routier. Il faut compter quelques heures de route pour atteindre le début du paysage, si bien que cette journée commence avant l'aube et semble déjà bien entamée.
À Tirano, vous traversez une simple place pour passer du réseau ferroviaire italien au réseau suisse et montez à bord du Bernina Express panoramique, dont les vitres agrandies s'incurvent jusque dans le toit. Presque immédiatement, la ligne commence à grimper — à travers la boucle de Brusio, le long du Val Poschiavo, gagnant près de 1 800 mètres de dénivelé en route vers le col. Votre place réservée fait partie du circuit organisé ; sur le train de marque, elle est obligatoire et séparée.
Le train franchit le col de la Bernina à Ospizio Bernina, à 2 253 mètres, au bord du turquoise Lago Bianco sur la ligne de partage des eaux continentale, avec les glaciers du Morteratsch et du Palü en vue et la célèbre terrasse d'Alp Grüm qui surplombe la vallée. Puis il descend dans l'Engadine jusqu'à Saint-Moritz — la prestigieuse station alpine où est né le tourisme d'hiver et où les Jeux olympiques d'hiver ont eu lieu à deux reprises.
Temps libre à Saint-Moritz — au bord du lac, à environ 1 850 mètres en Haute-Engadine — pour manger et flâner, avant le trajet de retour vers Milan. Selon le forfait et la disponibilité, les segments en train et en car peuvent être inversés. Dans tous les cas, vous êtes de retour à Milan en soirée, après avoir traversé les Alpes et en être revenu en une seule journée, longue et inoubliable.
Ce qui défile à la fenêtre
La ligne de la Bernina enchaîne une série de morceaux de bravoure entre Tirano et Saint-Moritz. Voici ce qu'il faut guetter.
Juste au-dessus de Tirano, la ligne effectue un tour complet de 360 degrés sur ses propres voies, empruntant un viaduc en pierre à neuf arches construit en 1908 pour contenir la pente là où la vallée descendait trop vite pour une montée en ligne droite. C'est l'un des tronçons ferroviaires les plus photographiés des Alpes, et le premier grand geste du train — un tire-bouchon gracieux à ciel ouvert, bien plus qu'un tunnel caché.
Au col se trouve le Lago Bianco, un réservoir turquoise alimenté par les glaciers, niché près de la gare sommitale, sur la ligne de partage des eaux : d'un côté, les eaux s'écoulent vers l'Adriatique ; de l'autre, vers la mer Noire. Son intense couleur bleu laiteux provient de la farine de roche glaciaire, et c'est le point culminant visuel de la traversée, encadré par les sommets.
À la montée, la ligne longe le glacier de Morteratsch — l'un des plus grands glaciers des Alpes facilement accessibles — et, depuis la célèbre terrasse d'Alp Grüm à 2 091 mètres, offre une vue directe sur le glacier de Palü et sur la vallée de Poschiavo. Ce sont ces panoramas que le brouillard peut dérober, et qu'une journée claire rend inoubliables.
Sous le col, la ligne descend à travers le Val Poschiavo, une vallée suisse italophone aux villages de pierre, aux champs en terrasses et au long Lago di Poschiavo, avant d'atteindre la frontière. C'est l'extrémité « palmiers » du trajet : en 25 kilomètres, le paysage passe de la glace alpine à une chaleur presque méditerranéenne.
La station de l'Engadine à l'extrémité nord de la ligne, au bord d'un lac à environ 1 850 mètres d'altitude, est le berceau du tourisme hivernal alpin — inventé sur un pari d'hôtelier en 1864, qui promit à ses clients d'été qu'ils adoreraient la neige — et accueillit par la suite les Jeux olympiques d'hiver de 1928 et 1948. Glamour, élevée et ensoleillée, elle constitue le point de retournement de la journée et sa seule véritable ville.
La ville ferroviaire italienne où le paysage de la journée commence, dans la vallée viticole de la Valteline. Ses gares italienne et suisse se font face de part et d’autre d’une même piazza — on passe d’un réseau ferroviaire à l’autre à pied —, à côté de la basilique Renaissance de la Madonna di Tirano, édifiée à partir de 1505. Le point de rencontre improbable d’une vallée lombarde et d’un chemin de fer alpin.
Une longue journée, racontée sans détour
Depuis Milan, la journée dure environ 12 à 13 heures, avec deux heures de car dans chaque sens avant et après le train. Ce qui compte, c'est le paysage, pas le temps libre — vous passerez bien plus de temps en mouvement qu'à l'arrêt. Venez pour la traversée et les fenêtres ; si vous souhaitez flâner à Saint-Moritz ou en montagne, mieux vaut intégrer cette ligne à un séjour alpin plus long qu'à une simple escapade d'une journée depuis Milan.
Le panoramique Bernina Express, avec sa marque emblématique, fonctionne sur réservation de place obligatoire, indépendante de tout billet ou pass ferroviaire — un détail qui piège chaque jour les voyageurs indépendants. Dans une excursion organisée au départ de Milan, la réservation est incluse dans le prix, ce qui fait une grande partie de l'attrait : vous arrivez avec une place panoramique garantie, sans avoir à vous battre pour en trouver une. Si vous partez en solo, réservez bien à l'avance, surtout en haute saison.
La ligne relie l'Italie à la Suisse : munissez-vous donc d'un passeport ou d'une pièce d'identité en cours de validité — les contrôles sont effectués, et un petit poste de police italien se trouve à la gare de Tirano. La Suisse fait partie de l'espace Schengen, mais ni de l'UE ni de la zone euro : elle utilise le franc suisse, alors prévoyez des francs ou une carte pour vos dépenses à Saint-Moritz, où la monnaie rendue est en CHF même si les euros sont acceptés.
Le train circule par tous les temps, mais une couche nuageuse basse ou du brouillard au col peut masquer les glaciers et le Lago Bianco ; une journée dégagée est infiniment plus spectaculaire qu'une journée grise. Vous ne contrôlez pas la météo en montagne, alors choisissez une réservation flexible et, si vos dates le permettent, privilégiez une journée de temps stable. L'hiver comme l'été offrent de belles expériences — mais un col noyé dans les nuages, quelle que soit la saison, est la seule vraie déception à éviter.
Bernina ou Glacier Express ?
Lire la ligne
Deux distinctions déterminent si vous vivrez exactement le voyage imaginé. Une fois connues, elles sont simples à maîtriser.
Aucun train panoramique direct ne part de Milan même — l’excursion d’une journée vous emmène en car jusqu’à Tirano, puis vous fait emprunter le Bernina Express à travers le col, parfois dans l’ordre inverse. Certains voyageurs s’attendent à monter à bord du célèbre train rouge à Milan ; ce n’est pas le cas. Ce que cette journée organisée vous offre, c’est le transfert jusqu’à la ligne, une place panoramique réservée et la gestion des formalités frontalières, le tout en une seule réservation.
Le même trajet panoramique est desservi à la fois par le Bernina Express, réservé sur réservation et reconnaissable à ses toits vitrés panoramiques, et par des trains régionaux ordinaires aux fenêtres ouvrantes, sans réservation. Le paysage est identique ; l’expérience et le prix diffèrent. Les formules au départ de Milan utilisent le train panoramique de marque ou une place panoramique réservée — un détail à connaître pour être sûr de profiter de la voiture à toit vitré que vous imaginez, et non d’un simple train de banlieue.
Hiver ou été ?
La carte postale : un train rouge qui file à travers un monde blanc, le Lago Bianco et le col sous une neige épaisse, toute l’Engadine en conte de fées glacé — et l’exploit discret d’une ligne qui reste ouverte tout l’hiver. Les journées sont courtes, alors un départ matinal compte, et la neige peut aplatir la lumière ; mais pour l’image classique du « train rouge dans la neige », l’hiver est la saison. Prévoyez un vrai froid au col.
L’autre visage de la ligne : des glaciers au plus spectaculaire de leur exposition, un Lago Bianco turquoise éclatant, des prairies alpines en fleurs, des vallées verdoyantes et Tirano bordée de palmiers. C’est la saison la plus fréquentée, alors réservez bien à l’avance, et la lumière plus longue vous offre plus de paysages par jour. Pour le contraste glaciers-et-verdure et les vues les plus complètes, l’été est le choix.
Une saison intermédiaire plus calme : des mélèzes dorés sur les pentes, des foules plus clairsemées et des réservations plus faciles, avec les glaciers encore visibles avant l’arrivée des grandes neiges. Le temps devient moins stable, mais une claire journée d’automne marie le drame des hauts sommets à la sérénité de la basse saison — un moment idéal pour les voyageurs qui préfèrent ne pas partager la voiture panoramique.
La saison intermédiaire : la neige qui fond en altitude, les vallées qui verdissent en contrebas, et les foules les plus clairsemées de l’année. Les vues peuvent être contrastées tandis que le col se débarrasse de l’hiver, et un peu de chance avec un temps stable aide, mais les prix et la demande sont plus bas, et le contraste entre les sommets encore blancs et les vallées qui s’éveillent est une récompense en soi. Une période calme, changeante et sous-estimée pour rouler.
La ligne de la Bernina, en images
Le train rouge, la boucle de Brusio, le col glaciaire et la descente vers les vallées.




Organiser votre journée
Sachez en partant que c'est une journée de 12 à 13 heures avec de vrais trajets de transit à chaque extrémité, et la journée devient un plaisir plutôt qu'une surprise. Mangez avant le départ matinal, emportez des en-cas et de l'eau, et considérez les trajets en car comme faisant partie du voyage. La récompense de cette longue journée, c'est une portion des Alpes que vous ne pouvez tout simplement voir d'aucune autre façon — installez-vous et laissez les fenêtres faire le travail.
Vous passez d'Italie en Suisse, alors apportez un passeport ou une pièce d'identité valide — il est contrôlé à la frontière. La Suisse n'est pas dans la zone euro, alors emportez des francs suisses ou une carte pour tout achat à Saint-Moritz ; les euros sont parfois acceptés, mais la monnaie est rendue en francs. Un peu de liquide en CHF évite bien des tracas pour un café ou un déjeuner en altitude.
Lors d'une journée en formule tout compris, la réservation du siège panoramique est incluse, mais vérifiez la fiche produit pour confirmer que vous êtes bien sur le Bernina Express officiel ou sur un siège panoramique réservé, et non sur un service régional. Les réservations sont obligatoires sur le train officiel et se vendent vite en haute saison, alors réservez à l'avance — tout l'intérêt de la formule, c'est que cela est géré pour vous.
Il peut faire chaud à Tirano et froid à 2 253 mètres le même après-midi, alors prévoyez des couches et quelque chose de chaud même en été — le col et les arrêts photo sont résolument alpins. En hiver, habillez-vous pour un vrai froid. De bonnes chaussures sont utiles pour le temps libre à Saint-Moritz, et des lunettes de soleil valent la peine d'être emportées : la neige et la réverbération en haute altitude sont intenses.
La plus grande variable, c'est la météo en montagne, qui peut cacher les glaciers et le Lago Bianco derrière les nuages. On ne peut pas réserver le soleil, mais on peut réserver en souplesse : choisissez une excursion avec annulation gratuite, surveillez les prévisions de l'Engadine, et si vous avez le choix des dates, privilégiez une période stable. Une journée claire sur la ligne du Bernina mérite que l'on organise ses plans autour d'elle.
Excursions d’une journée sur le Bernina Express
Chaque circuit ci-dessous est réservable via GetYourGuide, avec disponibilité en temps réel et prix final affiché dans votre devise avant de payer — les formules tout compris regroupent le transfert en car jusqu’à Tirano, la réservation du train panoramique et la logistique frontalière en une seule réservation.
Organiser une journée en Bernina Express
Une journée de 12 heures, cartographiée dans son intégralité — le départ matinal, le transfert en car vers Tirano, l'ascension du col et le temps passé à Saint-Moritz.
En savoir plus →QUEL TRAINDeux célèbres trains panoramiques suisses, constamment confondus — les itinéraires, les différences, et lequel emprunte l’excursion au départ de Milan.
En savoir plus →LA RÉSERVATIONPourquoi la réservation de place est obligatoire et séparée, ce que comprend une journée tout compris, et comment éviter les erreurs classiques.
En savoir plus →QUAND PARTIRHiver féérique sous la neige, été entre glaciers et verdure, automne doré ou printemps paisible — les quatre saisons sur la ligne, comparées.
En savoir plus →L’INGÉNIERIELe chemin de fer à adhérence, la boucle de Brusio, les rampes de 7 % et le classement UNESCO — l’ingénierie derrière ce trajet.
En savoir plus →Questions
Environ 12 à 13 heures de porte à porte — départ matinal vers 7 h, quelques heures de car jusqu'à Tirano, le train panoramique au-dessus du col de la Bernina jusqu'à Saint-Moritz, du temps libre, puis le retour. C'est une journée réellement longue où le paysage, et non le temps de détente, est la priorité ; vous passez l'essentiel du temps en mouvement. Si vous souhaitez profiter davantage de la montagne, mieux vaut l'intégrer à un séjour alpin plus long.
Oui — le trajet franchit la frontière entre l'Italie et la Suisse, et les passeports sont contrôlés ; munissez-vous donc d'un passeport ou d'une pièce d'identité en cours de validité. La Suisse fait partie de l'espace Schengen mais n'est ni dans l'UE ni dans la zone euro : elle utilise le franc suisse. Prévoyez des francs ou une carte pour vos achats à Saint-Moritz — les euros sont parfois acceptés, mais on vous rendra la monnaie en francs suisses.
Sur le Bernina Express panoramique de marque, la réservation du siège est obligatoire et distincte de tout billet de train ou pass — un détail qui piège les voyageurs indépendants. Dans un circuit organisé d'une journée au départ de Milan, elle est généralement incluse dans le prix, vous voilà donc assuré d'un siège panoramique. Si vous voyagez en indépendant, réservez bien à l'avance, surtout en pleine saison estivale et pendant les fêtes de fin d'année.
Non — ce sont des trains et des itinéraires différents sur le même réseau ferroviaire rhétique. Le Bernina Express relie Coire ou Saint-Moritz à Tirano en Italie, en environ quatre heures, franchissant le haut col de la Bernina par adhérence ; le Glacier Express relie Zermatt à Saint-Moritz, en environ huit heures, et n'entre pas en Italie. Ils se croisent près de Saint-Moritz, c'est pourquoi on les combine souvent, mais seul le Bernina Express est accessible depuis Milan via Tirano.
Les deux sont spectaculaires et il fonctionne toute l'année. L'hiver offre la scène classique du train rouge dans la neige, une neige profonde au col et une Engadine féerique, avec des journées courtes. L'été dévoile des glaciers à nu, le lac Blanc turquoise, des vallées verdoyantes et de longues journées ensoleillées, mais aussi les plus grandes foules — réservez à l'avance. L'automne apporte les mélèzes dorés et le calme ; le printemps est tranquille et changeant. Choisissez l'hiver pour la neige, l'été pour les glaciers et la verdure.
Le train circule par tous les temps, mais une couche nuageuse basse ou du brouillard au col peut masquer les glaciers et le lac Blanc, et une journée claire vaut bien mieux qu'une journée grise. Vous ne contrôlez pas la météo en montagne, alors réservez une excursion avec annulation gratuite, surveillez la météo en Engadine, et privilégiez une journée stable si vos dates le permettent. Un col enveloppé de nuages est la seule vraie déception à anticiper.